Lettre de Sidi al-Ḥusayn al-Ifrānī aux Tijānis
Cette lettre exhorte les disciples à la patience, au serieux dans l'application du pacte, à la satisfaction face au Destin Divin.
Lettre de Sidi al-Ḥusayn al-Ifrānī aux disciples
Louange à Allāh Seul, et qu’Allāh prie sur notre maître Muḥammad, ainsi que sur sa famille et ses compagnons, et qu’Il les salue pleinement.
À destination de l’entièreté de nos frères Aḥmadiens Tijānīs, qu’Allāh déverse sur vous les lumières de la Khatmiyya, les secrets de la Katmiyya, ainsi que l’entière satisfaction face au destin.
Que la paix, la miséricorde d’Allāh et Ses bénédictions soient sur vous.
S’ensuit :
Cette époque est celle dont parlait Sufyān al-Thawrī (qu’Allāh soit satisfait de lui) lorsqu’il disait :
« Ne demande pas, à la fin des temps, une nourriture entièrement licite : tu mourras alors de faim ; ni un compagnon sans défaut : tu resteras alors seul ; ni des adorations sans ostentation : tu resteras alors sans actions. Ces choses ne peuvent être demandées à la fin des temps. »
Ne laisse pas l’ignorance gagner celui qui souhaite faire apparaître, en une époque, autre chose que ce qu’Allāh y a fait apparaître.
Le disciple doit abandonner l’idée de planifier ses affaires, en se suffisant de la planification du Vrai, Exalté et Glorifié soit-Il. Si Allāh veut une chose, Il en fait apparaître les causes.
Celui qui veut cheminer sur la voie classique en cette époque ressemble à celui qui cherche une échelle pour monter au ciel.
En synthèse, ne vous trompez pas vous-mêmes en recherchant ce qui appartenait aux pieux prédécesseurs parmi les états honorables, car leur époque les aidait à cela.
Puis est venue une autre époque, qui possède un autre jugement.
Mais, grâce à Allāh, vous avez reçu une des grandes causes solides du bonheur, qui vous suffit pour tout ce qui vous importe dans votre religion, votre vie d’ici-bas et votre au-delà :
C’est le pacte de ce Shaykh complet, notre maître et sieur Aḥmad, fils de notre sieur Maḥammad al-Tijānī (qu’Allāh soit satisfait de lui).
En effet, le Vrai, Exalté et Glorifié soit-Il, a déversé sur ses suiveurs un immense afflux de bonheur qui a rapproché les gens de cette époque de ceux qui les ont précédés parmi les pieux prédécesseurs.
Cela parce qu’Il a su, Exalté et Glorifié soit-Il, qu’ils étaient devenus incapables de cheminer sur la voie classique.
Il les prit alors par leurs mains droites, les plaça devant la Porte, et raccourcit pour eux les distances qui n’étaient parcourues qu’après de longues durées.
Qu’Allāh nous compte avec vous parmi ceux qui sont inclus dans cette miséricorde et qui sont sous l’ombre de ce bienfait.
Āmīn.
Ensuite, sachez que cette vie contient nécessairement des difficultés, en particulier pour ceux qui s’affilient à Allāh, Exalté soit-Il :
« Alif Lām Mīm. Est-ce que les gens pensent qu’on les laissera dire : “Nous croyons !” sans les éprouver ? »
(Sourate 29, versets 1-2)
Au contraire, leur vérité ne devient claire qu’à la fin de leur affaire, lorsqu’il apparaît qu’ils sont sincères dans leur prétention d’amour.
Allāh a promis aux pieux, dans la Noble Révélation, que la fin heureuse leur appartiendra.
Quant aux compagnons de notre Shaykh, notre moyen, notre maître et notre sieur Aḥmad, fils de notre sieur Maḥamad al-Tijānī (qu’Allāh soit satisfait de lui), le Vrai, Exalté soit-Il, leur a accordé, par Sa grâce, une bienveillance particulière et exclusive, qui leur est réservée.
Les difficultés de ce bas-monde ne les atteignent pas avec autant de force qu’elles atteignent les autres.
Au contraire, les bienveillances les enveloppent de toutes parts dans l’ensemble de leurs états, sauf pour ceux qui manquent ou délaissent leurs litanies obligatoires.
Celui qui se trouve donc dans une difficulté doit se tourner vers sa religion et corriger ce à quoi il a manqué.
Il trouvera alors une issue immédiate à ses difficultés, et la délivrance lui parviendra de toute part.
Et vous, frères, patientez encore un peu, car une générosité surabondante, une faveur manifeste et une suprématie qui prévaudra vous envelopperont.
Et cela sera bientôt, si Allāh le veut, par l’attention de notre Shaykh et la bénédiction qui résulte de son suivi.
Lettre est de Sidi al-Ḥusayn al-Ifrānī.
Tiré de l'ouvrage al-Madad al-Rabbānī de Sidi Muḥammad al-Rāḍī Guennūn.
Traduit par Anas al-Ḥassanī