Al-Ḥājj Al-Aḥsan Al-Baʿqīlī, biographie par sa fille
Présentation de Sidi Al-Baʿqīlī par sa fille Sayida Zaynab.
Sidi Al-Ḥājj Al-Aḥsan Al-Baʿqīlī : savant, soufi et éducateur spirituel
Présentation
Le savant éminent, le soufi ascète et l’éducateur conseiller, Sīdī al-Ḥājj al-Aḥsan b. Muḥammad b. Abī Jamāʿa (parfois écrit Al-Ḥasan), connu sous le nom de Al-Baʿqīlī, fut une figure majeure du soufisme marocain et de la voie Tījāniyya.
Originaire du Sūs (Sous) par naissance et par origine, il s’établit à al-Dār al-Bayḍāʾ (Casablanca), où il mourut et fut enterré.
Il est présenté comme un homme ayant réuni :
- la prédication par la sagesse et la bonne exhortation ;
- l’enseignement religieux ;
- l’éducation spirituelle ;
- le service de la communauté.
Avant sa disparition, il aurait fondé de nombreuses zāwiyas tījāniyya à travers le pays.
Enfance et formation
Sīdī Al-Ḥājj Al-Aḥsan Al-Baʿqīlī mémorisa le Coran dans son village d’origine, à l’école d’Igdi, dans la région d’Aqīla.
Il étudia ensuite la langue arabe et les sciences religieuses auprès de plusieurs maîtres.
Parmi ses étapes de formation :
- son apprentissage auprès de al-Ḥājj Masʿūd al-Wafqāwī à Būwābūḍ ;
- son départ vers Fās (Fès) en 1318 H / 1900 ;
- son séjour à la madrasa des Ṣaffārīn ;
- ses déplacements vers Awlād Kannūn, al-Qaṣr al-Kabīr et Setṭāt ;
- son installation définitive à Casablanca en 1348 H / 1929.
Il y demeura jusqu’à son décès en 1368 H / 1948.
Son parcours spirituel dans la voie Tījāniyya
En parallèle de son activité scientifique, Al-Baʿqīlī occupa une place importante dans le taṣawwuf (soufisme).
Il reçut l’autorisation spirituelle (ijāza) dans la voie Aḥmadiyya Tījāniyya de son maître :
Al-Ḥājj Al-Ḥusayn Al-Ifrānī, fondateur de la zāwiya tījāniyya de Tīznīt.
Il reçut également une formation spirituelle auprès de :
- Al-Ḥājj ʿAbd Allāh Al-Ghashānī ;
- Sīdī ʿAlī Al-Iskālī ;
- Sīdī Al-Ṭayyib b. Aḥmad Al-Sufyānī ;
- Sīdī Maḥmūd, descendant du fondateur de la voie tījāniyya.
Ces enseignements portaient notamment sur :
- les invocations (adhkār) ;
- la discipline du disciple ;
- la purification intérieure ;
- l’éducation spirituelle.
Une personnalité connue pour son enseignement
Ses voyages et ses rencontres avec des savants, des lecteurs du Coran, des soufis et des responsables renforcèrent sa réputation.
Il était reconnu pour :
- sa maîtrise du ḥadīth ;
- son éloquence ;
- ses conférences ;
- ses récits éducatifs ;
- sa capacité à rapprocher les disciples et les visiteurs.
Sa générosité dans l’hospitalité était également rapportée par ses contemporains.
Ses œuvres
Al-Baʿqīlī laissa une importante production écrite dans plusieurs domaines :
- spiritualité ;
- théologie ;
- jurisprudence ;
- exégèse coranique ;
- éducation religieuse.
Parmi ses ouvrages :
Maqāṣid al-asrār wa al-khafā wa al-jawāhir al-marḍiyya
Commentaire de la sourate Al-Baqara en deux volumes.
Tuḥfat al-aṭfāl fī muʿrab al-asmāʾ wa al-afʿāl
Un ouvrage consacré à la langue arabe.
Al-Ishfāq ʿalā muʾallif ṣāḥib al-iʿtiṣām
Un ouvrage de réflexion religieuse.
Iʿlām al-juhhāl bi-ḥaqīqat al-ḥaqāʾiq
Un ouvrage mêlant enseignement religieux et spiritualité.
Autres œuvres
- Irāʾat ʿarāʾis shums falak al-ḥaqāʾiq al-ʿirfāniyya
- Taḥqīq al-ḥaqāʾiq ʿan kashf maqālāt ahl al-ṭāʾifa
- Tiryāq liman fasada qalbuhu wa mizājuhu
- Al-zalāl al-aṣfā wa al-lubāb al-maḥḍ al-awfā
- Rafʿ al-khilāf wa al-ghumma
- Īḍāḥ al-adilla bi-anwār al-aʾimma
Son héritage à Casablanca
Afin de diffuser ses écrits, il fonda une imprimerie arabe à Casablanca.
Sa zāwiya située à Derb Ghallef devint un centre :
- d’enseignement ;
- d’impression ;
- d’éducation spirituelle.
Son héritage continua grâce à ses descendants, notamment son fils :
Sīdī Muḥammad al-Kabīr al-Baʿqīlī al-Tījānī.
Identité religieuse et spirituelle
Al-Ḥājj Al-Aḥsan Al-Baʿqīlī était :
- de rite mālikī ;
- de croyance ashʿarite ;
- affilié à la voie tījāniyya.
Son nom Al-Baʿqīlī vient de la tribu de Baʿqīla.
Il est également appelé :
- Al-Jazūlī, en référence à la région de Jazūla ;
- Al-Ḥasanī, en référence à son rattachement à Al-Ḥasan b. ʿAlī.
Décès
Il naquit au Sūs en 1301 H et mourut en 1368 H / 1948.
Son œuvre et son enseignement continuèrent à travers ses disciples et ses descendants.
Source : texte de sa fille Zaynab Abū ʿAqīl, traduit de l'arabe